Soutien de la France au Burkina Faso : Attention, elle n’a pas d’amis… !

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Après sa visite en mars dernier, la France a dépêché son ministre chargé des affaires étrangères pour la deuxième fois en 2018 au Burkina Faso. Pour ce deuxième passage, Jean-Yves Le Drian a inauguré « La ruche », le vendredi 19 octobre 2018, un centre d’aide à la promotion de jeunes talents, concrétisation d’une promesse faite au peuple Burkinabè par le président Emmanuel Macron. Mais même la symbolique de ce cadre incubateur de créativité n’a pas pu taire la problématique sécuritaire qui domine les débats au pays des hommes intègres. En parler est bien entendu logique. Mais l’appel du pied pressant que Paris adresse à Ouagadougou laisse perplexe.

En effet, que ce soit lors de son audience avec le président du Faso  et pendant la cérémonie d’inauguration de « La ruche », le chef de la diplomatie française a toujours trouvé le moyen de rappeler la disponibilité de son pays à offrir une assistance opérationnelle au Burkina Faso dans la lutte anti-terroriste. Cette insistance suscite une autre interrogation. Que gagne donc la France à autant s’impliquer dans la lutte anti-terroriste au Niger, au Mali et au Burkina Faso, plus que toute autre puissance occidentale ? Sans doute que l’étudiant (effronté) qui a souhaité entendre le président français Emmanuel Macron sur le franc CFA lors de son discours de Ouagadougou aurait dû poser la question en ces termes : Que gagne la France à être omniprésent dans cette zone de l’Afrique ?

Dans la logique cartésienne du général De Gaulle, la réponse aurait permis de comprendre que la métropole y a ses intérêts, lesquels sont intimement liés aux ressources de la zone. En effet, la France n’a pas d’amis, ni d’âme ! Cette logique est d’ailleurs celle qui sous-tend les actions de tous les Etats du monde, tant celles des Etats-Unis lorsqu’ils décident de fermer les yeux sur le meurtre du journaliste Saoudien Kashoggi à raison de contrats de vente d’avions de guerre, que la décision du modeste Burkina Faso de migrer de Taïpei à Pékin. Si l’on admet ce postulat, il y a lieu de se demander la contrepartie que le Burkina Faso doit débourser pour bénéficier de ce soutien. Il est vrai que ces déclarations font suite aux récents cris de cœur des populations burkinabè, leur première dame en tête, appelant la communauté internationale à la rescousse contre les terroristes qui continuent de semer la terreur dans le pays.

Mais avant de s’en remettre aux occidentaux pour leur sécurité, les burkinabè seraient bien inspirés de se rappeler l’entrée au Mali des forces françaises de l’opération Serval sous les acclamations des maliens en 2013. Cinq bonnes années après, ce sont les mêmes populations qui réclament le départ des troupes françaises. Il convient de se souvenir également de ces véhicules V8 et Talisman de marque française dont le gouvernement burkinabè n’a pas pu convaincre les populations de la pertinence de leurs présences sur le sol du pays des hommes intègres. Aucun lien n’existe fondamentalement entre ces différents sujets. Seulement, la raison d’Etat étant très souvent gardée cachée des populations, les burkinabè seraient bien tenues de réfléchir par deux fois avant d’entériner une nouvelle colonisation de leur pays, parce que lorsque la France s’installe, elle ne repart que si ses intérêts ont pris fin.

La rédaction

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