Reprise des grèves tout azimut au Burkina : Le gouvernement en est le seul responsable !

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Depuis quelques années, on assiste à une flambée de grèves au Burkina  Faso.Les revendications sont devenues le sport favori des agents de la fonction publique burkinabè.Certains veulent des status valorisant, d’autres des status particuliers.Tout compte fait, les syndicats revendiquent de meilleures conditions de travail et de vie pour les travailleurs.Selon un décompte du Directeur Général de la Fonction publique  en avril 2018  cité par Burkina24  « Une quarantaine de grèves en 2016 et plus de soixante en 2017 » ont été enregistrées au Burkina. En 2018,  plusieurs dizaines de grèves avaient été également enregistrées dans les services publics de l’État.

Ayant marre de toutes ces revendications tout azimut qui asphyxie l’économie nationale et met en mal la cohésion sociale, l’État burkinabè avait eu l’ingénieuse idée de faire asseoir sociétés civiles,  syndicats,  autorités coutumières et religieuses pour discuter des questions  de rationalisation des salaires des fonctionnaires entre le 12 et le 14 juin 2018.

Beaucoup de syndicats y ont pris part.Certaines centrales comme la CGTB du Général Bassolma Bazié,  plus méfiants,  ont refusé d’y prendre part.Malgré cela, la conférence sur la remise à plat s’est tenue avec à la clé plusieurs recommandations.Des engagement fortes avaient été prises. A l’issue des 3 jours de travaux, plusieurs recommandations, dont la réduction de la durée de maintien de la rémunération des ministres et députés. La suppression du CES, du Médiateur du Faso, du Haut représentant du Président du Faso a été également préconisée. Concernant les Fonds commun, ils devraient être « encadrés » à partir du 1er janvier 2019.Plus intéressant encore et pour le grand bonheur des fonctionnaires,  il a été dit que près de 80% des agents de l’État verront bientôt leur salaire à la hausse contre 20% sans changement.

La CGTB de Bassolma Bazié n’a pris part à cette fameuse conférence

Le ministre de la communication Remis Fulgance Dandjinou avait,  sans ambages, affirmé en septembre 2018  que  les engagements seront actés à compter du 1er janvier 2019.Avec tous ces engagements en faveur des travailleurs de l’État, la température a baissé d’un cran, voire de plusieurs crans, au sein des acteurs sociaux.Nous sommes aujourd’hui le 10 mai 2019, soit près d’une année après cette fameuse conférence sur la remise à plat des salaires des agents de la fonction publique.

Quelles ont été les mesures prises lors de cette conférence et qui ont été effectivement mises en œuvre par le pouvoir en place ?

A part le plafonnement du Fonds commun à 25% de la masse salariale au niveau du MINEFID qui avait effectivement pris effet le 1er Janvier 2019.Et là encore, on se rappelle de ce rétropédalage récent du gouvernement qui a fini par offrir des primes de motivation en lieu et place du Fonds commun aux agents du MINEFID.Fini donc la gestion globale des salaires à la Fonction publique et bon arrivée “au cas par cas” qui avait été mis en berne.

Se sentant trahis et humiliés, les autres syndicats qui avaient pris part à la conférence sur la remise à plat ont de leur côtés, suspendu leur participation aux travaux de Koudougou devant aboutir à cette remise à plat.Logique et compréhensible! Beaucoup de gens ont donc donné raison aux syndicats qui n’avaient pas pris part à la fameuse conférence puisque l’État burkinabè n’a pu tenir aucun de ses engagements.C’étaient des décisions populistes comme d’habitude.Et le Général, comme un médium, avait vu cela venir…

Depuis un certain temps, les revendications ont repris de plus belle. Dans ces deux dernières semaines, une dizaine de syndicats a décidé de se relancer dans les revendications corporatistes.La culture, les Gestionnaires des ressources humaines, La poste, les médias publics, les avocats, sans oublier l’enseignement et la santé,  tous, exigent la satisfaction de leurs plateformes “au cas par cas”.

Dans toute cette situation, seul  le gouvernement burkinabè  est  responsable.Ce gouvernement restera coupable aux yeux de tous si toutefois la situation s’enlisait pour donner naissance à d’autres crises.A cause de sa maladresse dans la gestion de cette grogne sociale.L’amateurisme dont il a fait montre dans la gestion des revendications sociales risque de lui coûter très cher.Que le gouvernement n’oublie  pas que ce sont les syndicats qui ont fait partir le premier Président du Burkina le 03 janvier  1966.Et attention, cela n’arrive pas qu’aux autres!

De nos jours, l’hymne du Faso est devenu: A chacun son salaire, l’État pour tous!

Ismaël Dipama

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