Procès Putsch manqué de 2015: « Allons au camp Naaba KOOM et on verra qui en ressortira vivant » Gal Diendéré à Zida

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« Allons au camp Naaba KOOM et on verra qui en ressortira vivant » : Ainsi donc c’était vrai !

L’information circulait sur les réseaux sociaux pendant la Transition Politique de 2015.
En effet, dame rumeur faisait cas d’une dispute entre le Général DIENDERE et Yacouba Isaac ZIDA, Premier ministre d’alors.
Selon cette rumeur, la dispute aurait abouti à un rendez-vous que les deux hommes forts de l’ex Régiment de sécurité présidentiel s’étaient donné au camp Naaba KOOM II, fief du RSP, pour un « face-face », « un combat de gladiateur ».

Lors du passage à la barre du Général Gilbert DIENDERE dans le cadre du procès du putsch manqué de septembre 2015, ce dernier est revenu sur l’affaire.
Tout en confirmant les faits, il en donnera plus de détails.
Lisez plutôt :

« (…) Le 14 Juillet 2015, il y a eu une rencontre entre le Président du FASO, le Général ZAGRE, les officiers supérieurs de l’armée et moi. L’ordre du jour était le cas ZIDA.
Nous étions 18 officiers lors de cette rencontre au niveau du palais de Kosyam.
Après un tour de table pour les prises de paroles, il y a eu un vote concernant le limogeage du PM. Tous étaient unanimes pour cette décision sauf deux. L’un des deux officiers réfractaires a posé la question à savoir, « est-ce si on enlève ZIDA, les OSC ne vont pas… » et net le Président KAFANDO l’a coupé pour dire : « C’est moi le Président, c’est à moi de décider ».
Cet officier en question c’était le Colonel Major Alain BONKIAN.
Le Président a dit qu’il va prendre un décret pour faire appliquer la décision.
Nous nous sommes quittés
Le lendemain matin, le PF nous rappelle pour nous dire que le PM ZIDA dit que les officiers qui étaient à la réunion n’étaient pas représentatifs de toute l’armée.
C’est alors qu’un comité de sage a été mis sur place.

(…) Quelques temps après, Le Président KAFANDO m’a appelé pour une réunion pour débattre sur la question.
Lorsque je suis arrivé au niveau du Palais, j’ai trouvé les officiers supérieurs, le PM lui-même et des gens que ce dernier a amené pour surement faire pression.
Lorsque le Président est entré dans la salle, il nous a partagé un document et nous dit qu’il s’agit d’ »un accord de paix entre Le Général DIENDERE et le Lieutenant-Colonel ZIDA ».
Ah, lorsque j’ai vu ça, j’ai levé ma main pour intervenir et dire que je n’étais pas là pour ça.
Monsieur le Président, tout le monde savait que c’était ZIDA qui avait des problèmes avec le RSP et ensuite avec l’armée toute entière. Moi, mon nom vient chercher quoi dans cette affaire ?…mais le Président m’a dit que j’aurai l’occasion de parler lorsque mon tour viendra. Malheureusement j’étais assis à sa droite, je ne pouvais pas avoir la parole sitôt.
Le PM qui était à côté de lui a pris la parole pour dire qu’il est d’accord avec l’accord de paix.
Il a commencé a raconté des choses que moi-même j’avais oublié.
Il dit que tout ce qu’il est aujourd’hui, c’est grâce à moi… Effectivement, lorsqu’on devait les affecter, du fait qu’il est malade, il ne remplissait même pas les conditions nécessaires pour être envoyé au RSP.
Il a été dernier de sa promotion

(Rires dans la salle)

Président du Tribunal : Silence s’il vous plait

Il avait fait un an sans faire sport, du fait de sa santé, or, au RSP c’est le physique.
Vu sa santé, Le Président COMPAORE et moi avons tout fait pour qu’il reste à Ouagadougou parce que s’il part en brousse, ça va être compliqué pour lui. C’est pour cette raison qu’il a été envoyé au RSP.
Il était plus au niveau du renseignement comme là-bas il n’y a pas beaucoup d’activités physique là, et de temps à autres, il allait à l’extérieur pour bénéficier des soins appropriés.
Il m’a rappelé tout ça ce jour-là, moi-même j’avais oublié ces choses-là.
Lors de cette rencontre, il m’a même rappelé notre voyage avec le Président Mohammad KADAFFI.

Effectivement, le Président LYBIEN, qui était en Afrique de l’ouest pour le sommet de l’UA, a voulu faire le tour de l’Afrique de l’ouest à véhicule.
Il a souhaité que je fasse partie de son STAFF. J’ai alors tout fait pour que Issac ZIDA me suive. Cette année-là, on a fait le tour de l’Afrique de l’ouest ensemble : Abidjan, Ouagadougou, Conakry, Bamako,… Nous étions deux dans le même véhicule.
Il dit que vraiment que je l’avais fait tant de biens.
Bon, je ne le faisais pas pour autre chose. Tout le bien que je fais pour quelqu’un, bon…moi je ne le fais pas pour attendre quelque chose…

Mais vraiment, lorsqu’il a dit ça, ma température qui était à 20° est descendue à 18.

(…) Mais entre temps, il dit que sinon il ne faut pas qu’on pense que lui il n’a pas des gens au camp hein, qu’il suffit que lui il donne l’ordre et moi je serai neutraliser.
Pahhhhhh, ma température qui était de 18° est remontée automatiquement à 30

(Rires dans la salle)

Président du Tribunal : Faites du silence s’il vous plait

Mais monsieur le Président, voilà un lieutenant-colonel qui me menace, moi Général devant le Président du Faso, chef suprême des armées et en présence des officiers supérieurs de notre force armée et personne n’a pu dire quoi que ce soit.
C’est là je lui ai dit : « Ok. Tu dis que tu as des éléments au camp, toi et moi, on a qu’à se lever pour aller ensemble au camp. On verra qui de nous deux reviendra vivant à cette réunion ».

(Rires dans la salle)

Président du Tribunal : Faites du silence s’il vous plait

J’ai demandé aux autres de nous attendre et lui et moi, on va aller au camp Naaba KOOM II et on verra qui reviendra continuer la réunion avec eux.

Les gens ont commencé à me dire ‘‘Gilbert, il faut te calmer’’, je dis un « un lieutenant-colonel qui me menace ouvertement devant de tels autorités et c’est moi, on demande de me calmer ? » (…)

C’est ça certains ont caricaturé à l’époque où on voyait deux cowboys qui se sont attrapés les mains et c’était écrit ‘‘ Allons au Camp Naaba KOOM’’ (…)Effectivement c’était vrai ».

Source: L’observateur paalga

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