Présence d’individus armés non identifiés dans l’Est : Kompienbiga refuse le règne de la terreur !

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La bourgade de Kompienbiga, située dans la région de l’est du Burkina, sur l’axe Fada-Pama, à une centaine de km de Fada N’Gourma et une quarantaine de la frontière béninoise est sous les feux de la rampe du fait d’individus armés non identifiés ayant perpétré des attaques contre des cibles militaires et paramilitaires. 24infos.net y a séjourné du 28 au 30 septembre 2018. Il a constaté que, loin de sombrer dans la psychose, ce village multiculturel continue de vivre normalement son quotidien.
Vendredi 28 septembre 2019. L’auteur de ces lignes pose pied au « carrefour de Kompienbiga » alors que les rayons du soleil déclinant jettent une teinte rouge-ocre sur le paysage hivernal. Il vient d’effectuer plus de 7 heures de route à bord d’un mini-car (communément appelé dinan) pour rallier ce village en partant de Ouaga. Pas bien confortable! Mais l’atmosphère humide fait vite oublier les jambes engourdies, la chaleur suffocante et la poussière du trajet. A peine a-t-on foulé le sol de la localité que l’on est assailli par l’essaim de vendeurs ambulants à l’affût du moindre véhicule stationnant au bord de la voie. Des sachets d’eau minérale, des friandises, du poisson fumé, spécialité dans ce coin…
Le carrefour est la zone commerciale de la localité. Un coup d’œil aux alentours permet d’observer des boutiques, magasins et kiosques tout comme des ateliers de mécanique et de soudure bordant le bitume. Quelques constructions, nouvelles, en matériaux définitifs, à usage d’habitation sont également érigées dans cette « zone d’affaires ». C’est dans l’une d’elle que le journaliste trouve un gîte pour son séjour de 48H. Les Kompienbigalais sont a priori accueillants. La zone commerciale est essentiellement habitée par des Mossé. Les Gourmantché et les Peuhls, autres habitants du village sont présents un peu plus en profondeur, à environ 4 km du carrefour. Avec les habitants, on peut engager la discussion sur différents sujets. Hivernage, commerce, ambiance…mais lorsque la conversation s’oriente sur les récentes attaques, une certaine fébrilité se fait sentir. Les visages deviennent graves. C’est une calamité, diront certains, s’en remettant à Dieu. Les langues se délient difficilement pour parler des hommes retranchés en forêts et dont le passage emporte des vies dans cette bourgade paisible.
Photo d’illustration
Dans les discussions, il ressort plus d’une fois que certains parmi ces individus non identifiés ont habité quelques mois auparavant à Kompienbiga avant de rejoindre la brousse pour débuter leur besogne meurtrière. Ils se sont « frottés » aux habitants et ont tissé certaines relations. Ils auraient même rassuré dans certaines contrées voisines sur leurs intentions : « chasser les forces de l’ordre de la zone et permettre aux habitants de cultiver dans leur brousse ». Différentes crises entre villageois et concessionnaires de zones de chasse dans cette partie du Burkina ont été le symbole du sentiment d’injustice qui anime les ressortissants sur « l’accaparement » de « leurs » brousses par les autorités étatiques au profit d’ « étrangers». C’est pourquoi des responsables (religieux ? ou coutumiers ?) auraient fermé les yeux sur la présence, les faits et mouvements de ces hôtes « tueurs de soldats ». Ainsi, les guet-apens qui ont coûté la vie à de nombreux militaires, l’incendie du pied à terre présidentiel dans le campement de chasse, les attaques de postes forestiers…ont été des événements vécus à distance. Mais par la suite, sept jeunes du village ont été abattus, l’adjoint de l’imam enlevé puis tué…ce qui a installé une certaine méfiance au sein de la population envers tout individu suspect.
Les Forces de Défence et de Sécurité ont investi l’Est pour neutraliser les groupes armés
Néanmoins, la vie suit son rythme habituel, les gens ne vivent pas terrés. D’ailleurs, ce samedi 29 septembre, les férus du football sont encore dehors au-delà de 20H, dans le vidéoclub du coin, en train de suivre le derby madrilène entre le Real et l’Atletico, malgré le couvre-feu du gouverneur de l’Est, interdisant la circulation des engins à deux roues au-delà de 19H dans la région. En quittant les lieux au matin du dimanche 30 septembre, au même moment où les « importateurs » d’essence frauduleuse prennent la route pour Pouytenga après une escale sanitaire, le jour naissait sur Kompienbiga avec l’espoir de n’enregistrer aucune manifestation des « forces du mal ».
Mouni N’Golo De retour de Kompienbiga
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