Musique/Burkina : Gourma, artiste musicien, en avant pour la conquête des mélomanes !

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Depuis une dizaine d’années, le monde de la musique s’est agrandi avec l’avènement d’une nouvelle génération de musiciens qui compte exporter au delà des frontières africaines la culture burkinabè. Après Floby, Dez Altino, Awa Boussim et bien d’autres, la nouvelle génération montante du show bizz burkinabè compte ne pas s’arrêter en si bon chemin. De ces jeunes artistes musiciens, Frederic Djadjè Lompo alias Gourma en fait partie. Avec une musique  du genre tradi-moderne, Gourma chante dans les langues goulmatchéma, morée, français et anglais. Le jeune artiste est né le 31/12/1987 à Logobo,province de la Tapoa, région de l’Est du Burkina.

24infos.net est allé à la découverte  le dimanche 10 juin 2018 à Ouagadougou de cet artiste musicien qui a déjà deux albums à son actif et qui entend conquérir le monde musical burkinabè.

24infos.net : Depuis quand faites-vous de la musique ?

Gourma : J’ai commencé à faire de la musique depuis ma tendre enfance. J’adorais chanter, danser au village. Je chantais déjà en live au village lors des cérémonies telles que les mariages, les baptêmes et les gens appréciaient bien ce que je faisais.Arrivé en ville, à Ouagadougou précisément,  j’ai continué  de cheminer avec ma passion.

24infos.net : Combien d’albums avez-vous sur le marché discographique?

Gourma : Pour l’instant, j’ai deux albums sur le marché du disque burkinabé. Le premier est sorti en 2015 et je l’ai intitulé Sugli. Sugli qui veut dire pardon en langue goulmatchéma. Ce premier obus compte 08 titres chantés en francais, morée, goulmatchéma. Mon second album est intitulé Titaa nabou qui veut dire « l’union fait la force » toujours dans ma langue natale. Je l’ai produit en 2017 et cet album fait 10 titres.

24infos.net : Quels sont les thèmes que vous abordez dans vos différentes chansons ?

Gourma : Les thèmes sont variés et bien diversifiés. Je parle du pardon parce que sans le pardon on ne peut rien construire de durable. Je parle également de l’amour, de quelques maux sociaux tels que l’hypocrisie, l’excision, les feux de brousse. C’est une manière pour moi de participer à la construction d’un monde meilleur autour de moi. Je sensibilise, éduque mais aussi dénonce dans mes chansons. C’est aussi le rôle de l’artiste que je suis.

24infos.net : Alors vous avez deux albums sur le marché discographique. Parlez-nous un peu des péripéties de ces deux productions. Dites-nous comment avez-vous pu mettre en place ces deux albums ?

Gourma : Je vous assure que ce n’était pas du tout facile. La production musicale c’est tout un parcours de combattant pour nous qui n’avons pas les moyens même s’ il y a le talent. En plus de cela, ma famille n’était pas trop d’accord avec mon choix de faire de la musique. Certains de ma famille estimaient que la musique rimait avec  galère,  débauche de fois. Mais je croyais en moi, en mon talent et j’ai continué à chanter. C’est dans cette persévérance  que j’ai rencontré Joseph Tabsoba alias Chocho qui a cru en moi et qui a décidé de me produire avec la collaboration de David Solo. C’est grâce à eux que j’ai pu mettre en place mon tout premier obus intitulé Sugli

sugli le tout premier obus de l’artiste musicien Gourma est composé de 08 titres

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Pour Tintaan nabou le deuxième album, c’est Millogo Aboubacar,un grand frère  qui est à Bobo Dioulasso qui m’a aidé avec la production. J’ai donc enregistré 09 titres à Bobo avec lui et le dixième je l’ai fait ici à Ouagadougou avec Bruno Lingani alias Brunis. Mais je puis vous assuré que c’est très compliqué dans ce milieu quand tu n’as pas les moyens.

Tintaan nabou le second album est composé de 10 titres

 

 

24infos.net : Mais au jour d’aujourd’hui comment va votre carrière musicale ?

Gourma : Ça va dans l’ensemble mais le problème avec la musique burkinabè, c’est qu’on n’a pas assez de soutiens de nos compatriotes. Je ne parle pas du soutien financiers seulement, le soutien morale est très capitale. Malheureusement, je vois autour de moi des gens qui me disent « Toi tu es un plaisantin  » des gens qui disent « laissez-le, il va souffrir ici… » On entend tout et c’est très choquant pour nous. Ceux-là qui devraient t’encourager sont les mêmes à vouloir ta perte, ta chûte pour en rire. C’est désolant!

 

24infos.net : Mais que peut-on faire comme cela pour changer la donne ?

Gourma : C’est main dans la main que nous pouvons pousser la musique burkinabè hors de nos frontières. Quand on regarde en côte d’ivoire, au Congo, au Sénégal ou au Mali, les gens soutiennent leurs artistes. Ces pays sont devenus incontournables dans le milieu du chow bizz africain voire mondiale mais ici au Burkina c’est toujours le tâtonnement.

24infos.net : Est-ce que Gourma à des concerts au pays ou en dehors du pays ?

Gourma : Non, pas encore ! Difficile d’entrer dans ce cercle. Mais j’espère que d’ici là, le déclic viendra. J’en ai foi.

24infos.net : Des projets de productions en vus ?

Gourma : Oui! je suis en train de travailler sur mon troisième album. Le texte est déjà écrit, j’attends le moment opportun pour rentrer en studio. J’envisage enregistrer en live ce troisième album avec David Solo espérant que cette fois-ci sera la bonne pour une carrière prospère.

24infos.net : Dernier mot, nous sommes au terme de cet entretien

Gourma : Juste dire merci à tous ceux qui aiment Gourma. A tous ceux aussi qui ne l’aiment pas . Mes sincères remerciements  à  tous ceux qui m’aident et qui continuent de m’aider par leurs soutiens multiples et multiformes . Que Dieu leur rende au centuple de leurs bienfaits. Enfin je dis merci à 24infos.net pour cette marque de considération, pour cet entretien.

Que Dieu soit toujours au contrôle de nos vies sur cette terre ici-bas.

Entretien réalisé par Ismaël DIPAMA

 

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