« La nomination d’un premier ministre de même que sa démission n’est pas un événement pour nous » Bassolma Bazié

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Réaction de Bazie Bassolma (SG/CGTB) à la nomination du premier ministre Christophe Joseph-Marie Dabiré

« La nomination d’un premier ministre de même que sa démission n’est pas un événement pour nous. Face à certaines situations, il faut savoir en tant que responsable aller au-delà de l’émotionnel. Donc pour nous, ce n’est pas la nomination de l’individu en elle-même qui pourrait nous réjouir ou nous poser un problème, d’autant plus que dans cette nomination, nous ne connaissons pas les critères lesquels ceux qui l’envoient en mission se sont basés pour le nommer ; encore moins nous n’avons aucune connaissance du contenu de sa lettre de mission. En résumé il faut dire que Christophe Dabiré appartient à un système qui l’a envoyé en mission, donc de ce point de vue, il a des objectifs par rapport à ce système. A notre niveau, notre concentration c’est de jouer correctement notre rôle de contre-pouvoir à savoir le contrôle politique, dénoncer, interpeller et puis résister si ça ne va pas. De toute façon, nous savons très bien que tant que l’on n’est pas au front dans ce pays, il est très rare qu’il y ait des acquis.


Nos attentes concrètement sont celles qui sont déjà sur la table du gouvernement. Je peux commencer sans être bien-sûr exhaustif parce qu’elles sont nombreuses. Premièrement, il y a la réintégration sans condition des policiers, des GSP et des militaires injustement radiés. On ne peut pas dire qu’on lutte contre l’insécurité et le terrorisme et poser des actes hautement répréhensibles et incompréhensibles donc condamnables. Deuxièmement, il y a la mise en œuvre des protocoles d’accord au niveau de l’éducation, des travailleurs du ministère de l’économie et des finances et de la santé. Troisièmement, il y a la réduction du train de vie de l’Etat. On ne peut pas nous dire qu’il n’y a pas d’argent et en même temps, on crée des institutions pléthoriques budgétivores et fantaisistes et même des postes de responsabilité inexplicables. Il y a également une exigence : il faut respecter le décret qui porte sur les émoluments des responsables du gouvernement, décret qui a été signé par Blaise Compaoré en décembre 2010. Pour terminer globalement, il faut forcement relire la loi 028 qui porte code du travail dans notre pays dont le contenu est hautement esclavagiste et jugé l’ensemble des dossiers des crimes économiques et de sang.


Nous ne serons pas d’accord avec quelqu’un qui sera nommé dans le gouvernement qui vient nous dire qu’il vient d’arriver. Il vient d’arriver, il était où ? Si c’est pour venir avec de tels types de réponses, il faut rester là où on est une fois pour toute. Aussi, il faut dire qu’une trêve sociale est une conséquence, comme la paix. Tous ceux qui revendiquent la paix, il faut qu’ils comprennent que c’est une conséquence qui découle d’une justice sociale. Je viens de vous citer un certain nombre de préoccupations qui sont sur la table du gouvernement. La paix, c’est comme on vous dit que l’on va vous poignarder, mais de ne crier pas. Peut-on vous poignarder sans que vous ne criez ou même que vous ne réagissez ? Donc c’est une conséquence, la question de la trêve sociale. Si tu veux la trêve sociale qui est une conséquence, il faut travailler très bien sur les causes. C’est cela qui va faire agir ».

Source : Radars info Burkina

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