Jérémie Hien, enseignant : « J’ai fait 11 mois sans salaire…»

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Jérémie Hien a répondu présent, ce mardi 9 janvier 2018, au mot d’ordre de grève de 72H de la Coordination nationale des syndicats de l’éducation (CNSE). Entre deux slogans de mobilisation, il nous conte sa misère.

Professeur d’Histoire-Géographie au Lycée communal de Gaoua, Jérémie Hien dit avoir du mal à joindre les deux bouts, puisque sans salaire depuis sa prise de service, il y a près d’un an.

« J’ai été affecté en mars 2017. Depuis lors, je n’ai rien reçu. Cela fait 11 mois que je suis sans salaire », confie M. Hien.

Marié, sans enfant, il s’occupe de ses trois neveux, orphelins de père et de sa mère. « Ma situation est chaotique, très difficile à vivre (…) Ce n’est pas du tout simple pour quelqu’un qui travaille pour l’Etat sans recevoir le moindre copeck et qui a 5 personnes à sa charge», ajoute-t-il.

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Se prendre en charge, s’occuper des siens, leur trouver de quoi manger, les soigner en cas de maladies, les vêtir… s’avèrent des tâches herculéennes pour l’enseignant. « Heureusement que je suis natif de Gaoua et mon bailleur est très compréhensif, sinon… », se console-t-il, la gorge nouée.

M. Hien a rejoint ses collègues enseignants de Gaoua au piquet de grève.

Le professeur d’HG en veut aux autorités burkinabè. « Si l’Etat estime qu’il n’a pas encore les moyens pour payer ses agents, qu’il ne les affecte pas », s’enflamme-t-il. Parce que, de son avis, ces situations confrontent les enseignants à de rudes épreuves et leur donnent une image de misérables.

Ismaël DIPAMA

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