Grèves au Burkina : Vite, « des assises nationales », Paz Hien

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Paz Hien est un jeune leader, acteur de la société civile de la région du Sud-ouest. Juriste de formation, il est le manager du cabinet « Kontine », basé à Gaoua. Dans cette interview que lui a accordée 24infos.net, ce leader d’opinion donne une lecture de l’actualité nationale.

24infos.net : Présentez-nous le cabinet « Kontine » dont vous êtes le responsable ?

Le cabinet « Kontine » a été créé en fin 2016 et nous avons commencé effectivement nos activités en début d’année 2017. « Kontine » signifie  «  sagesse » ou encore «  leadership » en langue nationale Lobiri. C’est un cabinet qui fait des consultations juridiques, des formations en leadership, en suivi évaluations et en renforcement de capacités.

« Le Haut conseil du dialogue social n’est pas une voie de solution », Paz Hien

24infos.net : Quels sont les défis et les succès que vous avez enregistrés jusque-là ?

Notre grande difficulté aujourd’hui, c’est d’être installé en région. La plupart des cabinets que nous connaissons sont basés à Ouagadougou ou à Bobo-Dioulasso. Nonobstant cela, le cabinet « Kontine » se porte très bien et nous avons foi en l’avenir. Bien qu’étant très jeune, « Kontine » a déjà des représentations au Togo, au Benin, en Côte d’Ivoire et nous envisageons de nous installer au Sénégal.

24infos.net : Votre région a abrité la célébration du 11 décembre en 2017. Un mois et demi après l’événement, quel commentaire faites-vous de cette vitrine offerte à Gaoua ?

Nous avons vécu cet événement national du début  à la fin. Et je puis vous dire, qu’au tout début, ce n’était pas vraiment aisé. Gaoua avait un besoin criard d’infrastructures modernes et nous nous sommes battus pour la réussite de cette célébration. A présent, la ville de Gaoua a profondément changé grâce aux différentes infrastructures dont elle a bénéficié et c’est génial. Mais, nous déplorons que des entrepreneurs locaux n’aient pas été associés pour l’exécution des marchés. Cela aurait eu le mérite de stimuler la relance économique de la région.

24infos.net : Il n’y avait peut-être pas de compétences régionales pour de tels travaux ?

Je ne parle pas des grandes infrastructures comme les voiries et les gros ouvrages. Mais pour la construction de logements sociaux par exemple, il y a bien évidemment des structures compétentes. Faire participer les entreprises locales contribue à  la relance économique de la région.

24infos.net: Intéressons-nous à l’actualité nationale. Quelle analyse faites-vous de la grogne sociale persistante au sein de la fonction publique ?

Je suis un manager public, et en tant que tel, je pense qu’il y a eu un mauvais management de la crise sociale dès le début. Gouverner, c’est prévoir et c’est anticiper. Cette grogne sociale était évidente. Le gouvernement Paul Kaba Thieba aurait dû aller, dès leurs débuts, vers les syndicats et parvenir à un consensus avant de dérouler leur programme. Malheureusement, cela n’a pas été fait et voilà que nous sommes dans une situation difficile. C’est tout simplement déplorable. Voilà que le système éducatif bat de l’aile aujourd’hui.

« Il faut vite régler l’urgent ».

24infos.net : Le président Kaboré a fait récemment des propositions pour juguler la crise.

Je ne pense pas que le Haut conseil du dialogue social soit une voie de solution. Ça aurait peut-être marché si l’institution avait été créée aux lendemains de sa prise de fonction. Actuellement, personne ne veut lâcher prise et à force de tirer sur la corde, elle finira par rompre. Il y a du tâtonnement dans la gestion de ces crises sociales alors que ce ne sont pas les compétences qui manquent. Il faut que le gouvernement agisse vite et bien.

24infos.net : Que proposez-vous comme solution ?

Il faut vite régler l’urgent. La question des enseignants d’abord, et par la suite, organiser des assisses nationales pour réfléchir sur tous les problèmes des burkinabè. Des assisses nationales seraient vraiment la panacée à mon humble avis.

Par Ismaël DIPAMA

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