Fonds communs au Burkina: Des fonds à bases légales mais illégitimes

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Le Burkina Faso est un pays qui vient de loin ; loin depuis la lutte pour les indépendances, loin depuis le soulèvement populaire du 03 janvier 1966 et enfin loin depuis le soulèvement populaire des 30 et 31 octobre 2015. Ce pays, dit des hommes intègres, a horreur des injustices sociales, de la corruption, de la gabegie et de la mal gouvernance. Dans l’histoire du pays a moult reprises, le peuple s’est très souvent révolté et à envahi les rues pour exiger plus d’équité, d’égalité, de transparence et de justice sociale pour ses fils et filles.

Le débat sur les Fonds Communs servis à certains agents de la Fonction publique burkinabé revient de la manière la plus fracassante dans l’actualité de ce pays classé 185è sur 188 pays étudiés par le PNUD en 2016.Un pays pauvre mais riche en ressources humaines, culturelles voire naturelles. Le problème qui se pose pour nous reste indubitablement le partage de ces ressources.

Le débat passionne certains, divise et dérange d’autres. Qu’à cela ne tienne, il faut le tenir. Il faut en parler, il faut en discuter pour une justice sociale et une équité dans la Fonction publique burkinabé en particulier  et dans la société burkinabé en générale.

Dans son intervention devant l’Assemblée nationale burkinabé vendredi 23 mars 2018, la ministre de l’Économie et des Finances (MEF) Rosine Hadizatou Coulibaly est revenue sur ce sujet-épine que certains agents de la Fonction publique récusent d’en parler. Selon Mme Coulibaly en 2016, les agents du ministère de l’économie et des finances ont touché un salaire de 23,851 milliards de FCFA contre un Fonds commun de 26, 967 milliards, ce qui fait dire à la ministre que «Dans certains cas, le fonds commun (FC) dépasse le salaire de l’agent». Elle a aussi relevé que le FC est passé de 20,11 milliards de FCFA en 2012 à 55 milliards de FCFA en 2017 au niveau de son département.Elle a précisé  enfin qu’en 2017, un cadre (Catégorie A) a touché «un peu moins 6 millions de FCFA» de FC contre 4,5 millions de FCFA pour un agent de catégorie E (bas d’échelle). Si ces chiffres donnent des vertiges au ministre en charge des finances, que diront les enseignants, les infirmiers et les autres corps de profession du Burkina Faso ? Si ces chiffres font froid au dos de madame la ministre, que dira le paysan lambda qui a besoin d’à peine 1000 F CFA par jour pour vivre dignement ?

Les agents du MEF se sont partagés en une année 55 milliards de FCFA. Une somme faramineuse pour un pays comme le Burkina. Une somme qui aurait pu servir à soigner plusieurs milliers de personnes, à donner à manger et à boire à des milliers de burkinabé… Cette somme aurait pu permettre, à titre d’exemple, de construire environ 18.000 écoles de trois classes par an au Burkina, une école de trois classes faisant 30 millions. Ce qui augmenterait considérablement le niveau et la qualité de l’enseignement dans notre pays surtout que les classes sous paillotes se comptent en plusieurs milliers au Burkina. Mais hélas ! Cette somme est distribuée entre fonctionnaires du MEF qui sont pourtant payés mensuellement pour le travail quotidien qu’ils abattent sur le terrain.

Certains de ces Fonds communs ont des bases légales on le sait certes,mais n’y a t-il pas lieu de revoir ces textes? Sont-ils légitimes? La légalité doit-elle primée sur la légitimité quand des gens meurent de faim et d’autres se sucrent à hauteur de milliards? Autant de questions qui nous laissent perplexe.

Reconnaissons-le, les agents du MEF abattent un travail considérable quant aux recouvrements de la ressource financière dont le Burkina a besoin pour son développement. Reconnaissons que les agents du MEF sont un maillon sans lequel notre pays risquerait de sombrer dans un marasme économique considérable. Lequel marasme conduirait le pays inéluctablement à des crises sociopolitiques qui menaceraient la stabilité et la quiétude des populations. Mais reconnaissons aussi que l’enseignant au même titre que le financier, l’infirmier au même titre que le douanier, le militaire au même titre que le collecteur des impôts est aussi important et mérite d’être traité équitablement.

Qui du financier, du militaire, de l’enseignant ou de l’infirmier travaille le plus au Burkina ? La question n’a pas, pour nous, sa raison d’être dans un pays ou tout est prioritaire, dans un pays ou chacun participe de sa manière au développement du pays. L’infirmier soigne le financier et les membres de sa famille, l’enseignant éduque les enfants de tous, le militaire, au péril de sa vie, défend la nation, le collecteur des impôts collecte la ressource financière pour tous. Qui mérite plus que qui ? Personne à notre humble avis. Personne ne mérite plus que personne.

Et pour mettre un trait définitivement a cette injustice flagrante entre ses propres fils et filles, l’État burkinabé doit prendre ses responsabilités. Il doit, trouver des mécanismes pour un partage raisonnable des ressources du pays sinon le pire est à craindre quand on sait que « quand les uns mangent et les autres regardent »il y a de fortes chances d’en venir aux mains.

Au delà de tous les fonctionnaires, il faut impérativement un partage  plus équitable  à toutes les couches de la société.Que l’on soit travailleur du secteur privé ou public, chômeur ou paysan, tout le monde à droit à sa part dans ce partage du gâteau sans exception. Et pour cela, le Haut Conseil pour le dialogue social s’impose comme une panacée à cette question d’iniquité et d’injustice au sein de la Fonction publique burkinabé. Les fonctionnaires et non fonctionnaires doivent inéluctablement se retrouver, discuter à cœurs ouverts sur ces questions qui fâchent afin de préserver la cohésion sociale, le partage plus équitable des ressources du pays pour un développement durable du Burkina.

24infos.net

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3 réflexion sur “Fonds communs au Burkina: Des fonds à bases légales mais illégitimes

  1. Vous avez peut être raison cacapuant mais nous les autres fonctionnaires nous avons l’impression que c’est un deal qui ne dit pas son nom entre le MEF et le gouvernement.C’est comme si on disait: »prenez votre part du gâteau et fermez vos yeux sur nos malversations »c’est immoral. Autant qu’il faut condamner les détournements autant il faut condamner le silence coupable des agents du MEF qui voient ce qui se passe réellement au sommet de l’Etat..Vous mêmes vous l’avez dit où part l’argent de l’or?Vous qui le savez dites le nous qui ne savons pas pour qu’on puisse se battre pour une bonne gouvernance financière au Burkina.C’est ça être patriote aussi non?Mais si vous prenez votre FC et vous vous taisez,n’attendez pas que la population vous soutienne pour quoi que ce soit.Vous êtes complice

  2. redaction qui ecris ca la c vous qui envenime le pays
    tout ce que vous dites est vrai,tout le monde abat sa part du travail chacun est meritant
    les concours sont ouverts a tous en fonction des niveaux et des qualifications qui sont bien entendu obtenu a la suite dinvestissement prealable etc…
    pourqoi choisir un concours pluto que un autre et ensuite venir grever parce que celui qui a obtenu lautre concours a de meilleurs avantage que toi?
    Au depart cetait sur la meme ligne de depart larrive tout le monde peut jamais arrive premier

    1. je veux ajouter a mon commentaire que il est legitime de se battre pour augmenter ses condition de vie mais c pas forcement en suppriment pour les autres
      parce que si ces fond navait pas ete partage entre certains fils et filles du pays c est une autre infime partie qui allait prendre ca ouvrir des compte en suisse et payer des land cruiser
      vous les connaissez
      voici lor du pays dont le FC ne represente que un grain de sable a cote
      ou va til?
      troisieme exportateur mondiale dor
      appeler la ministre des finance quel vienne nous parler comme a des illletres avec un air suffisant

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