Débat sur le F CFA : Un citoyen français prend le contrepied de l’ambassadeur de France au Burkina

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Christian Darceaux est un Français vivant à Bobo –Dioulasso, la capitale économique du Burkina Faso. Il prend le contre-pied de son ambassadeur qui a fait récemment des déclarations à la presse, notamment sur la question du franc CFA.

Errare humanum est, perseverare diabolicum.

Monsieur l’ambassadeur,

Dans les dernières lignes de ma première lettre ouverte, en octobre 2017, j’évoquais les problèmes de conscience rencontrés pour exprimer publiquement mon désaccord avec le représentant de mon pays. Je ne les ai plus. Comme on dit, trop, c’est trop !

Pour la seconde fois, sans nuances, dans les médias, vous vous immiscez dans la politique africaine avec des affirmations péremptoires et condescendantes. Dans le même temps, vous outrepassez vos fonctions en prenant parti dans le champ politique français, par une défense inconditionnelle de l’euro, dont de plus en plus de Français constatent les méfaits, dans le cadre des traités européens actuels.

Vos « arguments » :

- Pour commencer : «  La monnaie n’est pas un outil de souveraineté nationale ». Allez donc en parler aux Grecs qui apprécieront. Ils ont dû passer sous les fourches caudines des diktats européens, qui ont imposé des sacrifices considérables au peuple grec. Inversement, les États-Unis ou la Chine utilisent régulièrement leurs monnaies.

- Vous continuez : « La France n’a pas perdu sa souveraineté »… On ne compte plus les décisions affectant durement la vie des Français qui nous sont imposées dans le cadre de l’Europe, celle de l’euro. Votre affirmation, qui est une contre- vérité, est une prise de parti, dans le champ politique français. Êtes-vous ambassadeur de France ou porte-voix de LREM ?

- D’autres affirmations : « Sur le franc CFA, on n’entend à 99% que des âneries » . « Les gens ne comprennent rien à la monnaie ». Pour paraphraser une réplique restée célèbre, je dirais : vous n’avez pas le monopole de l’intelligence, M. l’ambassadeur ! D’autres que vous réfléchissent. Vous vous référez aux « économistes ».

Il n’y a pas que des courtisans, des fanatiques de l’économie de marché parmi eux, heureusement. Ils sont de plus en plus nombreux, en Afrique comme dans le monde, à mettre en doute le néolibéralisme dont vous vous faites le chantre.

Selon les critères de développement définis par les Nations-Unies, 10 des 14 pays utilisant le franc CFA se trouvent dans la catégorie des « pays les moins avancés » (PMA). Croyez -vous sérieusement qu’il s’agisse de fatalité ? Même M.Balladur, l’ancien premier ministre français, dont le gouvernement avait imposé la dévaluation du franc CFA en 1994, a dit à juste raison que « la monnaie n’est pas un problème technique mais politique, qui tient à la souveraineté et à l’indépendance d’un pays ». Lui décernez-vous un bonnet ?

Circulez. Il n’y a rien à voir. Colonialisme, néocolonialisme, Françafrique… Des bobards, tout cela, des âneries, affirmez- vous avec morgue. Il est bien difficile de perdre les mauvais plis…

Je vous prie de recevoir néanmoins, Monsieur l’ambassadeur, mes salutations les plus respectueuses.

Christian Darceaux
Bobo-Dioulasso

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