Crises intercommunautaires au Burkina: Le spectre de la guerre civile guette-t-il le Pays des hommes intègres ?

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La question mérite d’être vraiment poser.Certains diront que nous sommes des oiseaux de mauvaises augures.Mais il ne faut pas se voiler la face et poser sérieusement le problème. Car si on  y prend garde, on ne le souhaite pas, mais  le Burkina risque de  s’enflammer un jour.

En plus de cette question de terrorisme et d’insécurité grandissante sous nos cieux, des violences intercommunautaires ont été enregistrées dans plusieurs régions du Burkina. Ces violences intercommunautaires ont fait, en l’espace de trois mois, prêt de 200 de morts (On parle seulement de crises intercommunautaire,pas de terrorisme). On se rappelle encore avec tristesse et désolation de la crise de Yirgou (Centre-nord du Burkina)  le 1er Janvier 2019 qui avait occasionné la mort d’une centaine de personne  et plus de 6000 déplacés internes  selon certaines organisations non gouvernementales.

La crise à Zoaga a fait une quinzaine de morts en seulement trois mois

A Zoanga dans la région du Centre-est à la frontière du Ghana, une crise de chefferie a fait en l’espace de quelques mois une quinzaine  de morts au sein des populations. Pour rappel, c’est une affaire de chefferie qui opposerait deux camps de la même et grande famille Ouaré. Elle remonte à 2013, suite au décès du chef. Mais la succession pose problème depuis lors. En début d’année 2019, une demi dizaine de personnes avaient été tuées suite à cette crise vielle  de six ans. Tout récemment, dans la nuit de dimanche 31 mars au 1er avril 2019, un nouvel affrontement a éclaté entre les deux camps et selon un bilan  non officiel,  sept personnes auraient perdues la vie.

Le fantôme des crises intercommunautaires s’est transporté cette fois-ci dans la région du Sahel à Arbinda le week-end dernier. C’est le même film des événements que Yirgou.En rappel, c’est dans la nuit de dimanche que des individus armés ont pénétré dans le village de Hamkan, à 7 km de Arbinda, où ils ont assassiné un leader religieux du village ainsi que son fils aîné et son neveu. Un événement qui a entraîné des affrontements entre communautés.Selon des informations qui émanent du ministre en charge de l’administration territoriale  Siméon Sawadogo, 62 personnes ont été tuées entre le dimanche 31 mars et le 02 Avril 2019 dans cette zone déjà éprouvée par le terrorisme et le grand banditisme.

Des dégâts matériels après la crise de Yirgou dans le Centre-nord du Burkina

Entre le 1er Janvier et le 02 Avril 2019 se sont environ 200 personnes qui ont perdu la vie suite à des conflits intercommunautaires au Burkina. Le bilan humain est très lourd sans compter le nombre de déplacés internes et de dégâts matériels.Et si on y prend garde, d’autres localités risquent de connaitre le même sort que Yirgou et Arbinda au regard de la situation tendue qui règne dans ces localités.Des prémices de crises y sont déjà visibles.

Les autorités burkinabè sont urgemment interpelées. Le Médiateur du Faso, le Haut Conseil pour la Réconciliation et l’unité nationale sont plus que jamais attendus pour apaiser les cœurs de ceux qui ont perdus des proches et apporter gites et couverts à ceux qui ont perdus maisons et biens. Les autorités en charge de la sécurité doivent immédiatement déployés des forces dans les zones sensibles du pays pour qu’il n’y ait pas des actes de représailles ou de vengeances.

Le Burkina Faso n’appartient à aucune communauté ni à aucune ethnie mais à tous les burkinabè

Les populations sont les plus interpelées dans ces crises intercommunautaires car si la situation s’enlisait, elles seraient les premières victimes. Il est impératif de prôner la paix, le dialogue et la cohésion sociale au sein de la population. Les litiges et différends doivent être tranchés par les autorités habilitées à savoir la justice ou les autorités coutumières et religieuses dans certains cas.Nous n’avons pas intérêt à ce que le pays sombre dans une guerre civile.Nous avons vu les conséquences des crises au Rwanda, en Côte d’Ivoire et dans bien d’autres pays qui ont passé des décennies pour penser les plaies causées par la guerre.

Le Burkina Faso appartient à tous les burkinabè. Il n’appartient à aucune communauté ni à aucune ethnie. Certaines personnes ayant déjà tout perdu, et qui n’ont plus rien à perdre, sont prêtes à mettre le feu  à notre Faso. Mais devons-nous les accompagner dans leur diabolique dessein ? Bien sûr que non ! Car nous n’avons qu’un seul pays. Le seul pays qui nous a vus naitre et grandir. Ayant donc tout à perdre, d’un sursaut patriotique, tous les burkinabè sont appelés  à adopter des comportements conciliants.

Ismaël DIPAMA

 

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