CNSE : la lutte continue

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Le bras de fer entre le gouvernement et la Coordination nationale des syndicats de l’éducation (CNSE) se poursuit dans la presse, pour la bataille de l’opinion nationale. Après la sortie du Premier ministre, Paul Kaba Thiéba, le 10 janvier 2018, la CNSE a donné la réplique le samedi 13 janvier à la bourse du travail de Ouagadougou.

Les responsables syndicaux ont, pour leur part, dénoncé « le dilatoire » et « la mauvaise volonté » des dirigeants face à leurs revendications. Ils ont reproché notamment, les tergiversations du gouvernement lorsque le collectif syndical a déposé sa plateforme le 5 octobre 2017.

« Depuis le 5 octobre 2017 (…) le gouvernement a décidé de laisser pourrir la situation avec le secret espoir que les populations se soulèvent contre la lutte », a analysé le président de la Coordination, Windyam Zongo.

Les conférenciers ont aussi relevé qu’à l’étape actuelle des négociations, aucune estimation chiffrée de la valeur financière de leur revendication ne leur a été fournie, malgré leur insistance.

Et qui plus est, ils ont indiqué que la partie gouvernementale leur a expressément demandé de différer les questions ayant trait à l’aspect financier des revendications à la semaine prochaine (les discussions devant reprendre le mardi 16 janvier à 14H). D’où leur surprise d’entendre le chef du gouvernement déclaré dans la presse que leurs exigences se chiffre à 50 milliards FCFA.

D’ailleurs, à les entendre, cette somme est en deçà de ce qu’il convient de mobiliser pour l’accès de tous les enfants burkinabè à une éducation de qualité et une revalorisation de la fonction enseignante.

Et Séma Blégné, secrétaire général du Syndicat national  des enseignants du Burkina (SNEAB) de rétorquer : « la revendication tenant à prolonger l’octroi de la cantine scolaire de trois mois présentement à six mois requiert à elle seule 48 milliards FCFA. Même s’il faut 1 000 milliards, nous allons nous battre pour ».

La Coordination a dit prendre acte des points présentés par Paul Kaba Thiéba comme ayant fait l’objet d’accord, notamment les questions d’infrastructures et de franchises scolaires, de trousseau, de cantine et de bourse, d’effectif dans les classes, de gratuité de l’école, de normalisation des centres d’éducation de base non formels (CEBNF) et du respect des cahiers de charge par les promoteurs privés. Mais ils ont ajouté vouloir accorder plus de crédit à un document signé par les deux parties où seraient consignés cet accord.

 La CNSE a rappelé que les cours n’étaient pas suspendus, seules les évaluations certificatives le sont en attendant que le gouvernement face gré à leurs revendications. Elle n’envisage pas non plus d’année blanche et ne veut pas en entendre parler, du moment où les évaluations peuvent être reprises à tout instant.

Renvoyant la balle dans le camp du gouvernement, les leaders syndicaux ont appelé leurs bases à rester mobilisées pour d’éventuelles mot d’ordre d’action syndicale et ont affirmé leur « ferme » détermination à faire aboutir la plateforme.

Mouni N’Golo

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