Burkina Faso : Quel type de gouvernement pour un pays pauvre, endetté et soumis à une guerre asymétrique ?

Partagez !

La question trottine dans l’esprit de tout un chacun. Qui est-ce ? Ou encore qui sont-ils ? Les prochaines personnes qui seront choisies pour conduire la politique du Président Roch. Et les supputations vont bon train. On connait déjà l’oiseau rare qui a désormais la lourde  charge de mener à bon port le navire du Capitaine Roch. Lui, c’est Chistophe Joseph Marie Dabiré qui était jusque-là commissaire à L’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine UEMOA, nommé ce lundi 21 janvier 2019 Premier Ministre du Burkina. Il est vrai que le désormais Premier Ministre burkinabè est un technocrate chevronné mais arrivera-t-il à transformer ce capharnaüm de Burkina Faso en Eldorado ? Ce pays dont d’aucun n’hésitent  plus à qualifier d’ingouvernable au regard de l’incivisme grandissant.On se rappelle avec tristesse et désolation Yirgou, Nafona ou encore Orodara, récemment éprouvés par des actes gravissimes de défiance de l’Autorité de l’État.

En attendant la composition du  gouvernement Dabiré I, les burkinabè ne peuvent s’empêcher de se poser les questions suivantes:  Qui seront-ils ? Que feront-ils pour nous ? Quelles seront leurs stratégies pour la lutte contre l’insécurité ? Enfin, que sommes-nous en droit d’attendre de cette équipe gouvernementale que la précédente n’a pu satisfaire ?

Sans être des oiseaux de mauvaises augure, nous n’attendons pas grand-chose de ces politiciens et « politicards » qui passent et repassent devant le peuple burkinabè sans pour autant arriver à satisfaire les besoins élémentaires de ce peuple qui a tant souffert et qui continue de souffrir. C’est-à-dire, l’eau, la santé, l’éducation, la nourriture  et de nos jours la sécurité.

Le problème ne réside pas en la personne du nouvel oiseau rare qui a été déniché depuis l’UEMOA mais de la  classe politique actuelle qui manque de vision. Nos dirigeants n’ont pas la faculté d’anticiper et ne voient pas plus loin que les problèmes qui surgissent, ne sachant agir qu’au cas par cas. Aucune prospective ! Ce qui fait que le prochain gouvernement s’engagera dans la même spirale, avec pour unique ambition, la réalisation personnelle de chaque ministre.Au delà de cette classe politique, la société burkinabè toute entière a besoin d’un exorcisme.

Ils sont nombreux, les burkinabè à jeter des pierres aux hommes politiques. Certains ont même commencé à lancer leurs premières pierres aux personnes qu’elles soupçonnent de faire partie de la future équipe de Dabiré I . Sont-ils saints eux, ces lanceurs de pierre ? Que le « plus saint » (pardonnez ce néologisme) d’entre ces lanceurs d’alertes me jette la première pierre. On aura beau polémiquer au Burkina Faso, le fait est que les paradigmes de valeur humaine, de développement social et de réalisation personnelle ont changé. A réussi celui qui engrange le plus de biens matériels, et réalise le maximum d’infrastructures.Peu importe les moyens! N’est ce pas chers burkinabè ? La morale n’a-t-elle pas effectivement foutue son camp dans ce pays jadis considéré comme celui des hommes intègres?

Et même à une échelle réduite, quel citoyen peut se targuer d’avoir payé, volontiers, une contravention sans avoir cherché de passe-droit ? Qui d’autre n’a pas couru après des facilités et autres avantages indus pour soi-même, sa progéniture, sa famille ? Quel genre d’individus peut-on espérer à partir de ces valeurs, sinon des véreux, des corrompus et des malhonnêtes. L’ancien ministre de la culture, Abdoul-Karim Sango l’a si bien dit après sa nomination : « il y a un temps pour tout ». Chaque burkinabè ne voit pas plus loin que sa propre personne et ne voit la vérité, la raison et le droit au bonheur qu’au bout de son nez. Tout le monde se plaint et personne ne se remet en cause. La conséquence logique de cette mentalité  de « chacun pour soit et Dieu pour tous » est le contexte sociopolitique actuel du pays : conflits communautaires, défiance à l’autorité de l’État, grèves tout azimut  et incivisme notoire. Quand on fait l’apologie de la médiocrité, ne nous attendons pas à ce que les dirigeants incarnent la vertu.

Si les burkinabè veulent avoir des dirigeants « propres » qu’ils commencent à se laver d’abord.Sinon le jeu de cache cache perdurera pour des décennies et des décennies sans que l’on ne puisse voir le bout du tunnel.

Mouni N’GOLO

Tu pourrais aussi aimer

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *