Burkina : différentes interrogations sur un remaniement

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Le gouvernement Paul Kaba Thieba version III est connu depuis hier mercredi 31 janvier 2018 et suscite naturellement diverses interrogations vue la reconfiguration de l’équipe.

On note tout d’abord la réponse de Roch aux supputations qui allaient bon train jusque-là par rapport à une éventuelle éviction du Premier ministre. Le président a tranché, il a réaffirmé sa confiance en PKT pour mieux faire revenir le Burkina (voir son discours de politique générale « Burkina is back »)

Paul Kaba Thiéba, a été maintenu envers et contre ses détracteurs

La nouvelle équipe qui s’installe, après une année de tensions sociales qui ont fait craindre le pire, sera-t-elle en mesure d’apporter paix, pain, santé, éducation aux burkinabè ?

Sans présager qu’il s’agit de sanctions, on note toutefois des départs, et non des moindres. La dame de fer du sud-ouest s’en va, sans même fêter « son » 08-Mars 2018 qu’elle préparait minutieusement. Notons que la veille de ce remaniement, des femmes de l’association des tisseuses du Burkina ont manifesté leur mécontentement pour l' »incompétence » et le favoritisme dont Laure Zongo/Hien fait montre dans la promotion et la défense des intérêts de la femme. Elle est remplacée par une autre dame de fer en la personne de Hélène Marie Laurence Ilboudo, anciennement député du parti majoritaire MPP.

Aussi, on enregistre le départ d’une autre personnalité dont, aux temps forts de la crise au sein de l’éducation, Paul Kaba Thiéba avait tant vanté le mérite, l’érigeant au rang de ses « meilleurs » ministres au regard du « bon travail qu’il abattait au quotidien dans le vaste champ de l’éducation nationale ». Un langage diplomatique on s’en rend compte à présent, car, voilà que « l’excellent ministre » Jean Martin Coulibaly a été débarqué. Le nouveau venu, Stanilas Ouaro, jusque-là président de l’Université Ouaga II a peut-être l’avantage d’être « neuf » par rapport à cette crise, mais il a désormais la lourde tâche de mettre en œuvre les termes du protocole d’accord face à une coordination des syndicats de l’éducation forte de son unité d’action.

Une autre surprise du chef Kaba, aura été l’entrée dans ce gouvernement d’Abdoul Karim Sango, certainement, au grand dam de beaucoup d’internautes qui prenaient du plaisir à lire ses post critiques sur certaines actions du pouvoir MPP. S’il a choisi de rejoindre l’autre côté de la table, peut-on gager que ce n’est pas juste pour la soupe. Mais d’ores et déjà, à l’analyse, on comprend que son départ tonitruant du PAREN le 05 janvier 2016 était plutôt lié à la personne de Tahirou Barry à la tête de la formation politique de Laurent Bado qu’au positionnement même de ce parti. On peut néanmoins se demander ce qui se passe dans ce parti pour que l’ancien ministre Issouf Sawadogo soit congédié après juste 3 mois 1 jour. Abdoul Karim Sango saura-t-il dynamiser la culture burkinabè aux delà des frontières ?

le jeune député Bachir Ismaël Ouédraogo peut nourrir des ambitions

Un autre fait notoire est le nouveau positionnement de Simon Compaoré, signe que Roch Marc Christian Kaboré veut insuffler une nouvelle dynamique à son équipe. Il a donc créé un poste « tranquillos » pour son bouillonnant partenaire, en attendant sans doute sa confirmation à la présidence du parti. « Le président des Kogléwéogos », saura-t-il se tenir à carreau, manger tranquillement son « gnon » et se réserver de déclarations « yada yada » ? Wait and see, pour faire comme lui dans la langue de shakespeare, même si on est curieux de connaître les attributions d’un « ministre auprès de la présidence ».

En attendant, il laisse le département de la sécurité à Clément P. Sawadogo, qui était confronté au premier plan à la braise du front social. Il doit évidemment être heureux de ne plus devoir donner la réplique à Bassolma Bazié, d’autant plus qu’il rejoint la sécurité au moment où l’UNAPOL, le syndicat de la police nationale, est en négociations avancées avec le Premier ministre. Néanmoins, saura-t-il faire face à la crise sécuritaire à laquelle le Burkina est confronté ?

En marge de ces questions, ce gouvernement PKT III constitue, par ailleurs, une plus-value politique pour de nouveaux acteurs. Le jeune député MPP, Bachir Ismaël Ouédraogo arrive ainsi dans l’équipe gouvernementale avec toutes les chances d’enrichir une carrière politique et raffermir son image d’éventuel présidentiable pour des années à venir…

La rédaction

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