Acquisition de véhicules neufs pour l’Etat burkinabé : Un luxe insultant pour un peuple de miséreux !

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« Quelqu’un  disait que le gouvernement  burkinabé est comme un âne, pour qu’il avance, il faut à chaque fois le fouetter. Pour qu’il y ait évolution, il faut le matraquer ;  sinon ce sera le statu quo. » 

Lors du conseil des ministres du 09 mai 2018, le gouvernement burkinabé a décide de renouveler son parc automobile avec une quarantaine  de nouveaux véhicules pour le bonheur des membres du gouvernement, de certains gouverneurs et autres présidents d’institution. Les 35 véhicules berlines citadines Renault Talisman plus les 5 pick-up qui ont été livrés par un fournisseur, ont coûté à l’État 1 275 360 000 francs CFA. Les 19 véhicules V8 ont coûté 1 724 250 000 FCFA. Près de 3 milliards de FCFA ont donc été nécessaires pour ces acquisitions.

Il est bien normal de vouloir changer de chemise, de moto ou encore de véhicule pour le commun des mortels si toutefois les conditions sont réunies et si l’on a les capacités financières nécessaires pour le faire. En temps normale, cela ne devrait pas poser de problèmes. Mais à supposer qu’un chef de famille qui vit de crédits et de prêts pour ne pas dire de mendicité, qui a la faim qui tape à sa porte puisque le grenier étant presque vide, qui n’a ni  les moyens  nécessaires pour amener tous ses enfants à l’école ni n’arrive à les soigner tous, se mette à réunir ses maigres ressources pour aller se tailler une nouvelle mobylette, quel qualificatif donnerait-on à ce chef de famille ?

Un irresponsable tout simplement ! Un chef de famille inconscient et insoucieux de l’avenir de sa progéniture.

Nous avons l’impression que le gouvernement burkinabé est en train de faire comme ce chef de famille qui voit la misère de son peuple et qui a préféré allé se tailler des voitures de luxe. Trois raisons essentielles sous-tendent notre point de vue :

Tout d’abord, le climat social tendu depuis un certain temps au Burkina avec ces grèves ici et là dans la majorité des ministères. En effet, à l’heure où nous tracions ces lignes, quatre  syndicats avaient déjà déposé leurs préavis de grèves sur la table du Président du Faso, notamment le Syndicat des administrateurs civils, des secrétaires et adjoints administratives du Burkina  qui a annoncé  une série de grèves à compter du mercredi 16 mai jusqu’à la satisfaction de leur plateforme revendicative ,  la Coordination des Syndicats du Ministère de l’Économie et des Finances  (21 mai 2018 au 25 mai 2018) , le Syndicat Autonome des agents du ministère des affaires étrangères  (du 30 mai au 1er juin 2018)  et le Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale (23 au 25 mai 2018).

Tous accusent le gouvernement de ne s’être pas pencher sérieusement sur leurs plateformes revendicatives.

En plus de ces quatre  qui sont déjà dans la danse, d’autres sont aux aguets et attendent le moment propice pour bander les muscles. N’est-ce pas une occasion en or pour ces derniers de sortir du silence et de réclamer leur part ? Puisque le gouvernement vient de démontrer qu’il y a l’argent dans les caisses sinon il  n’allait pas décider de renouveler son parc à hauteur de milliards de F CFA.

Dire aux syndicats que les caisses de l’État sont vides et puis aller se tailler des V8 et des berlines, c’est jouer à un double jeu qui risque de compliquer davantage le dialogue entre syndicats et gouvernement.

Deuxièmement, pour qui suit très bien l’actualité de ce pays, l’on est en droit de se demander si le gouvernement de Paul Kaba Tiéba n’est pas insoucieux du bien être de sa population. Le ministre en charge de l’agriculture avait dans un point presse le 07 mai dernier évoqué que environ 2 millions de burkinabè sont menacés de famine en cette année. Et l’État avait besoin d’à peu près  81 milliards de F CFA pour juguler le problème. Deux jours après cette sortie, des annonces de renouvèlement du parc automobile de l’État sont distillées au burkinabè. Même si selon  le ministre, des mesures sont prises pour maitriser la situation,  est-ce  le moment  pour balancer aux yeux des burkinabè une telle initiative impopulaire? D’autant plus que les fonds dédiés à la  lutte contre cette imminente famine sont essentiellement fournis par les partenaires internationaux et les Organisations Non Gouvernementales. Le gouvernement ne semble pas avoir les moyens pour lutter contre l’imminente famine mais a l’argent pour se tailler de nouveaux  véhicules hors-prix.

Enfin et pour être bref, le Burkina Faso a tellement de priorités notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation pour se permettre un tel luxe. Nos hôpitaux  sont en manque criards d’infrastructures et de matériels soignants.  Les écoles sous paillotes se comptent toujours en plusieurs  milliers.

Pire, la situation sécuritaire dans le grand nord va de mal en pis. Les populations sont dans la psychose totale, les agents de l’État sont en train de déserter petit à petit le sahel et le nord pour le bonheur des bandes terroristes qui comptent faire de ce septentrion burkinabé leur Quartier Général. L’armée a besoin encore et encore de moyens financiers, de pick up de patrouille, d’armes et de munitions et bien sûr d’hélicoptères de guerre. Trois (3) milliards semblent  peu mais 3 milliards peuvent  armer conséquemment nos braves soldats pour la reconquête du grand nord.

Vivement que cela ne doute point dans l’oreille d’un sourd et que ces trois milliards rentrent où  il le faut. De simples véhicules 4×4 bien solides d’une dizaine ou d’une vingtaine de millions peuvent suffisamment être utilisés par les dirigeants.

A pays pauvre, dirigeants modestes !

La rédaction

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2 réflexion sur “Acquisition de véhicules neufs pour l’Etat burkinabé : Un luxe insultant pour un peuple de miséreux !

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